dimanche 4 novembre 2007

Evangelion 1.0

De Hideaki Anno, Masayuki, Kazuya Tsurumaki avec Megumi Ogata, Megumi Hayashibara, Kotono Mitsuishi, Khara / Nippon Television Network Corporation, Japon

N’ayant pas vu le prédecesseur d’Evangelion, difficile de se livrer à une critique acerbe de l’histoire mais d’avis de connaisseurs, le film est la copie conforme de la série et de nombreux plans en sont directement tirés. Du point de vue du scénario rien de nouveau, on a finalement toujours les mêmes forces en présence, l’une représentant le Mal, incarné ici par des « Anges », l’autre le Bien, ici l’humanité menée par des Japonais et leurs robots de défense les Evangelions (dire Eva, ça fait plus « in ». Les premiers veulent attaquer la Terre, la conquérir, les derniers sont chargés de la protéger, après que la moitié de l’humanité a été décimée. Revenir au manga tel qu’on la laissé, il y a une quinzaine d’années, n’est pas chose facile. On est devenu blasés, des gosses gâtés par les multiples possibilités de la 3D. Ici, si le film mêle plans en 2D et en 3D, c’est néanmoins un manga 2D qu’Evangelion 1.0 nous rappelle car un certains nombre de traits subsistent: Simplicité des dessins. Qu’on n’aime ou pas, voir un film où seule la bouche des personnages s’ouvre et se ferme en guise d’animation devant un décor fixe est une des signatures du manga japonais classique. Les combats et les explosions signent eux aussi un genre presque éteint. Titanesques, ceux-ci manquent de détruire la totalité de Tokyo à chaque assaut appuyé par une bande son assourdissante au sens propre. Cette agressivité sonore qui nous ferait presque quitter la salle est sans doute là pour compenser la pauvreté des graphismes et du scénario.

Ici, on apprend que Shinji bombardé pilote d’un Eva est le fils du Professeur Ikari. On comprend que celui-ci a aussi une fille, naturelle ou créée, humaine ou androïde, ceci on l’apprendra plus tard. Et que donc en quelque sorte Shinji et Ayanami sont frère et sœur sauf qu’ils ne le savent pas. Ca vous dit quelque chose à vous aussi ? Cet invariable de la mythologie SF post-moderne n’a pas attendu Evangelion. La moitié du film est passée dans des combats et la métamorphose de Tokyo 3 en véritable forteresse inexpugnable est le véritable attrait du film. Inattaquable sauf par un Ange, les méchants vous vous souvenez ? L’ange n°6 décide de creuser jusqu’au centre nerveux central, le cœur de Tokyo 3. Ca vous rappelle quelque chose ? Sion, lève-toi ! Bon a priori, l’antériorité d’Evangelion sur Matrix-Revolution devrait donner l’avantage au premier mais Matrix est lui-même tiré d’un comics. Donc peu importe de savoir qui a copié qui, ce qu’il importe de voir c’est que les thèmes se répètent sans se renouveler.


Les décors de la ville sont néanmoins biens rendus et si c’est ce que nous prépare l’avenir, il y a de quoi s’inquiéter : Bienvenue à Gattaca ! En un mot, Evangelion 1.0 est un gros blockbuster qui ravira sans doute les fans de manga et de la série mais qui manque cruellement d’inspiration et de profondeur. Que tout le monde se rassure, fans ou détracteurs, il y a bien d’autres ultimes épisodes de prévus suite au tollé qu’avait provoqué la sortie du premier en 1997. Dix ans déjà. Eh oui dix ans et rien n’a changé ! Donc il y aura une suite et le film se charge de nous le rappeler sans aucune subtilité en nous balançant un gros « A suivre » rapidos avant le générique de fin. Chouette, même là, on se croirait à la télé !

Mystere Vic, 12e PIFF, Octobre 2007


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