De Chang Yoon-hyun avec Song Hye-kyo, Yoo Ji-tae
CINE2000 / CJ Entertainment Inc., Corée du Sud
Hwang Jin-Yi (Song Hye-kyo) très belle aristocrate élevée dans la pureté et les traditions apprend, à la veille de ses fiançailles, qu’elle n’est qu’une orpheline bâtarde, recueillie et élevée par celle qu’elle appelait jusqu’alors « mère ». Devant les choix qui s’offrent à elle, elle choisit de suivre les pas de sa véritable mère et de devenir Gisaeng, une dame de compagnie versée dans les arts semblable à
La légende originale dépeint Hwang Jin-yi comme une courtisane qui sait se jouer et se moquer des grands hommes et certaines représentations du personnage comme la série TV coréenne mettent l’accent sur cet aspect de sa personnalité. Mais le personnage de Nom-Yi et la noblesse des sentiments qu’il fait naître chez Hwang Jin-yi en font l’héroïne romantique de ce film éponyme tandis que son partenaire à l’écran l’est tout autant. Ce film est donc avant tout le portrait d’un couple qui se cherche depuis l’enfance, se perd de vue puis se retrouve à l’âge adulte dans des circonstances dramatiques. Nom-Yi doit devenir le protecteur de la nouvelle Gisaeng, vulnérable dans ce monde impitoyable de plaisirs et de luxure. Par un enchaînement d’ellipses, le réalisateur ne s’attarde pas sur la maturation du personnage de Jin-yi. Pour ceux qui voudraient en voir plus, il est sans doute préférable d’aller s’abreuver aux interminables séries télévisées qui lui sont consacrées. Ici, l’accent est mis sur les moments clés de cette relation qui s’efface puis resurgit avec le temps. Suivre ainsi les destinées de Jin-Yi et Nom-Yi à travers les péripéties de l’histoire reste une des grandes réussites du film. La réalisation est impeccable à l’image de ces fresques historiques dont les Coréens sont devenus friands et le scénario ne manque pas de rebondissements. Avant tout, il fait la part belle aux épanchements et à un traitement relativement introspectif des deux personnages. S’il idéalise finalement l’image de ce couple éternel, c’est à l’avantage du film en lui donnant une dimension universelle à laquelle le public occidental sera peut-être plus sensible qu’à la véracité du récit.