Celluloid Dreams, Hong-Kong
Le concept de Triangle est simple à la base : donner carte blanche à trois réalisateurs hong-kongais pour tourner un film collégial sur le principe du cadavre exquis dont chacun tournera une partie sans connaître celle de l’autre. Le résultat final est bien plus mitigé que ne le laisserait paraître une distribution aussi impressionnante. La première partie réalisée par Tsui Hark tient la route tant au niveau du scénario que de la réalisation. On est plongé dans l’univers du réalisateur, plans de coupe très serré, montage rapide, scènes d’actions. Mais facile direz-vous, il débute les festivités. Puis on passe par un milieu plus calme signé Ringo Lam, qui a la part la plus ingrate celui de réaliser un épisode d’un tryptique dont il ne connaît ni le début ni la fin. C’est aussi au réalisateur le plus talentueux et expérimenté que devrait revenir une tâche aussi délicate. Reste à savoir lequel ! Du point de vue de l’histoire, ça ne suit pas. On se perd entre différents enjeux parmi les personnages. Mais sur le plan de la mise en scène ça tient la route.
Puis vient le dernier acte réalisé par Johnnie To, qui part en mascarade visuelle, une sorte de pastiche du genre, décalé et non conventionnel. Le tout termine comme d’habitude dans une pétarade de coups de feu et de cascades qui bizarrement est le plus difficile à suivre (à 3h30 du matin, heure à laquelle nous avons eu l’occasion de voir ce film). Dans l’ensemble, la volonté reste très marketing et égocentrique, les réalisateurs se sont fait plaisir à faire un film qu’ils voulaient partager depuis longtemps. Sur la route, ils ont un peu oublié celui des spectateurs qui ont du mal à suivre leurs élucubrations sans perdre leur souffle. Au final, un ratage qui aurait pu donner quelque chose de beaucoup plus réussi. Mais peut-être faut-il le voir dans d’autres conditions ? Des amateurs ?
Mystere Vic, 12e PIFF, Octobre 2007
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