Oxybot Productions Company / SHIOCHIKU Co. Ltd, Japon
Il y a des films qu’on aimerait bien voir clôturer un festival en apothéose, pas des Evangelion 3.2 ou des Wedding campaign. Non, tout simplement un film qui par son message et sa qualité visuelle représente la richesse des productions présentes à ce festival. Pour nous ce fut Vexille, dernière projection du Festival International de Pusan et petit bijou cinématographique, impressionnant de maîtrise visuelle, intelligent dans son traitement, universel et intemporel dans son message. Un pur moment de plaisir des sens.
2067, le Japon s’est enfermé depuis dix ans dans un mutisme et une autarcie absolus. Au milieu du XXIe siècle, ce pays est le leader mondial de la conception robotique, aussi bien dans l’industrie que dans la domotique. Sa prochaine révolution consiste à appliquer ces découvertes à l’homme. Mais devant la montée des débats éthiques comme pour le nucléaire et les biotechnologies par le passé, et la signature de traités internationaux interdisant ces recherches, le Japon décide de rompre avec la communauté internationale et de s’isoler du monde, protégé qu’il est par un bouclier électromagnétique ne laissant filtrer aucune onde. Dix années plus tard, Vexille et Leon sont membres de SWORD une unité spéciale des Nations Unies destinée à protéger les intérêts de ses pays membres. En matière diplomatique, le Japon est devenu un ennemi qu’il ne fait pas bon contrarier. Mais comment percer le mystère qui entoure l’archipel tandis que les satellites ne peuvent capturer aucune image venue du sol ? Une mission d’infiltration menée par Leon est envoyée au Japon pour tenter de savoir ce qu’il est advenu de ses habitants.
Au travers d’une intrigue originale mais influencée par les plus grands films de SF, Vexille impose donc son empreinte unique dans un genre fortement connoté années 80. Le film débute dans un prologue où les plus grandes sommités de la planète sont réunies par un mystérieux Saito, qu’on sait être un soldat zélé de l’empire de Daiwa, la multinationale toute puissante dont les robots couvrent
Si le film s’inspire sans conteste des classiques que sont Blade Runner, Dune ou Mad Max jusque dans la bande originale, signée Paul Okenfald, d’une fantastique diversité musicale, Vexille revisite à sa façon les mythes modernes qui ont donné ses lettres de noblesse à
Si Vexille nous impose une vision bipolaire du monde —ce qui est un de ses points faibles, l’autre étant la nipponisation des personnages occidentaux— avec d’un côté le Japon, de l’autre les Etats-Unis, c’est cependant à l’humanité tout entière que s’adresse son message en espérant qu’il puisse être entendu. Aussi longtemps qu’il y aura des Hommes sur Terre, ceux-ci s’opposeront à la volonté démiurgique d’un certains nombre d’entre eux car vivre c’est résister. Par delà les frontières et le temps, l’Homme a toujours été résistant. Résistant au changement certes, mais surtout à ce qui peut le rendre esclave de lui-même. Fumihiko Sori et Haruka Handa l’ont bien compris et c’est ce qui confère à Vexille son universalité et par là-même son statut de chef-d’œuvre lui permettant d’entrer tout droit au Panthéon de
Mystere Vic – 12e PIFF, Octobre 2007
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