De Lee Myung-Se, avec Gang Dong-won, Lee Yeon-hee, Gong Hyo-jin
Production M / Showbox / Mediaplex Inc., Corée
M comme Mauvais ou M comme Maudit ? Le dernier film de Lee Myung-Se aurait pu être un joyau dans un écrin de cristal, il ne subsiste à l’écran que l’écrin avec un bijou en toc à l’intérieur.
Han Min-woo est un auteur à succès sur les points de s’engager sur les marches nuptiales avec Eun-hye. Sous pression pour terminer son prochain roman, il scrute sa mémoire à la recherche de son premier amour Mimi, constamment à la frontière entre la fiction et la réalité, entre le fantasmé et ce qui s’est réellement produit dans le plus pur style Lynchien, le talent narratif en moins.
Ce qui au départ apparaît comme une mise en bouche très aguicheuse avec des plans extrêmement construits, des jeux d’ombres et lumières, de réflexion magiques, une mise en lumière soignée qui ne s’attarde que sur les jolies gambettes des jeunes femmes dans une rue familière ne s’avère être qu’un étalage tape-à-l’œil des talents photographiques de Lee Myung-Se. Dans cet univers déstructuré, on se plaît pourtant à imaginer la suite, à se demander ce qu’il est advenu à cette femme qui joue à cache-cache avec le personnage principal. Car on sait d’emblée qu’il y a un décalage entre cette réalité et celle du romancier. Est-elle un personnage de son roman, un fantôme qui revient le hanter, une liaison secrète qui resurgit du passé. Ce qu’on devine immédiatement par sa tenue, ses manières, c’est que cette personne a trépassé. Mais l’amnésie ou la pseudo-amnésie du romancier n’aide en rien à dénouer la trame du récit. Durant la première heure, il brouille les pistes. On pense alors à Mulholland Drive où les fragments du récit se recomposaient petit à petit.
Puis c’est la déception. Le film tourne au mélo dramatique, à l’histoire conventionnelle pour terminer sur un semblant de réflexion philosophique sur la mémoire en voix off. Avec M, on est toujours dans le thème éternel de l’écrivain face à sa page blanche. Mais y verrait-on ici une analogie avec le réalisateur devant une absence de scénario ? Ce serait sans doute aller trop loin sauf si l’on considère que le réalisateur de Duelists a déjà confessé son incapacité à écrire des histoires. Il nous tarde donc que Lee Myung-se s’associe à un scénariste digne de ce nom et le résultat promet d’être intéressant. Le jeu entre fiction et réalité aurait pu être beaucoup mieux rendu dans M et ces détails du film auraient conféré au film une cohérence bien plus pointue et par là même livré un message plus convaincant.
Mystere Vic, 12e PIFF, Octobre 2007
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire