De LIN Jing-Jie avec KWAI Lun-Mei, MO Zi-Yi, JIA Xiao-Guo
Qixia Films, Taïwan
La plus longue distance d’un être à un autre, c’est rarement la ligne droite. LIN Jing-Jie déjà auteur de My own personal gun et Street survivor se charge de nous le rappeler dans un film juste et émouvant sur la difficulté d’être ensemble et l’incapacité à se retrouver. Un preneur de son Xiao Tang récemment licencié d’un tournage se remet difficilement d’une rupture sentimentale. Il enregistre les sons de la nature et dans cette œuvre sonore qu’il intitule « Sound of Formosa », il transmet tous ses sentiments pour la fille qu’il a aimée. Il adresse ses bandes à cette ancienne petite amie sans se douter qu’elle a changé d’adresse. La nouvelle locataire, Ruoyun, commence à prendre goût à ses lettres sonores sans savoir qui en est l’auteur mais elle sait que ces cassettes l’aident à surmonter, elle aussi, une douloureuse séparation. Enfin, Ah Cai, un psychiatre extrêmement au fait des problèmes de couple n’a pas pu sauver le sien et erre sans but après que sa femme l’a quitté. Il rencontre Xiao Tang par hasard et les deux hommes vont se confier et se reposer l’un sur l’autre pendant vingt-quatre heures.
Ces individus qui se cherchent et se croisent sur les routes de Taïwan, ce sont des âmes esseulées qui ont perdu leur alter ego, la personne qui leur donnait une raison de vivre. Ce psychodrame qui prend parfois des allures de comédie, qui suit de manière cyclothymique les sentiments de ses personnages tire son essence d’une expérience commune. Celle de millions d’êtres qui font le même voyage, qui parcourent la même distance, souvent interminable, pour aller à la rencontre de l’autre. Des témoins parfois passifs d’un itinéraire obscur où le ressac répond en écho au vide de leur existence. Comme si finalement en amour, le plus important était le parcours, la quête, pas la destination.
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