Rice Production, Chine
Ce film se veut dédié aux vingt millions de prostituées et aux cent cinquante millions de fermiers en Chine. On raconte que des centaines de filles sont mortes en une année, probablement détruites par leur condition ou ceux qui en profitent. Filmé alternativement en plans d’ensemble et en gros plan, sur pied ou en caméra à l’épaule, en contre-plongée, Xiaolin, Xiaoli témoigne d’un naturalisme opportun. Le réalisateur, Miaoyan Zhang est au plus près de ses personnages jusqu’à pénétrer leurs consciences. Les lettres que Xiaoli écrit à son mari —mais partent-elles seulement ou sont-elles thérapeutiques ?— expriment un amour et une détresse infinies. La rencontre entre les deux personnages dont l’évolution a été montée en parallèle constitue l’apogée tant attendue d’un film qui montre le processus de destruction morale auquel peuvent conduire la misère sociale et sexuelle. Cette rencontre qui donne lieu très justement à un traitement expressionniste aboutit à une catharsis qui n’est pas nécessairement prévisible. C’est donc le parti pris de l’auteur de donner une couleur particulière à son histoire en noyant les notes positives dans un encrier d’amertume. Un film dur mais réaliste qui dresse le portrait d’une Chine contemporaine et impitoyable.
1 commentaire:
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