lundi 5 novembre 2007

Sukiyaki Western Django

De Takashi Miike, avec Hideaki ITO, Koichi SATO, Yusuke ISEYA, Kaori MOMOI

Sedic International, Geneon Entertainment / Japon

Les Genji menés par Yoshitsune et les Heike menés par Kiyomori s’affrontent une nouvelle fois dans une petite ville minière perdue dans la montagne. Les deux clans sont ennemis légendaires et tout, depuis leur styles jusqu’à leurs chefs les oppose. Mais une même quête les anime, trouver le trésor qui serait caché dans cette région. Un cow-boy solitaire fait également son arrivée dans la ville. Il est doué d’une habileté extraordinaire lorsqu’il s’agit de sortir le colt. Mais qui des deux bandes va-t-il rejoindre ? Provocation, liaisons, trahisons, les ego s’exacerbent et le final s’apprête à être retentissant.


Western Django est une perle d’auto-dérision, un film qui mêle joyeusement les styles et les époques, le Kill Bill de Miike où Tarantino fait une apparition en guest-star plus que remarquée. Tout, de la musique à la réalisation ultra léchée font de ce film un produit abouti, un succès commercial garanti, ce qu’on ne pouvait pas dire des précédents films de Miike, malgré leur incontestable originalité. Puisant dans la veine des westerns spaghetti (macaroni westerns en japonais), empruntant ses codes cinématographiques et musicaux et les agrémentant d’éléments asiatiques, Takashi Miike est parvenu à réaliser un film très abouti qui parodie avec verve les grands trésors du cinéma occidental. De Bonnie & Clyde à Shakespeare, le ballet est réussi.

La dérision est effectivement le maître mot de ce film tandis que les clins d’œil se multiplient, que les dialogues savoureux s’enchaînent dans un anglais quasiment compréhensible (un must pour des acteurs tous japonais pour la plupart). Le film a été soigné jusqu’au moindre détail comme dans ce maquillage imparfait pour souligner la supercherie.

On vient également emprunter à Predator ou Star Wars, ou encore The Lord of the Rings dans les moments les plus déjantés. Tarantino, Miike, on savait que les deux se respectaient qu’ils s’influençaient, on sait maintenant qu’ils se citent mutuellement et visuellement. Le début du film sonne comme un clip ou un spot de pub tourné à la Tarantino puis on reprend vite contact avec la fertilité impressionnante du réalisateur japonais, son sadisme à tout craint. Il n’y aura alors plus de place pour une seconde de répit. D’un bout à l’autre du film les scènes d’action et les passages humoristiques se succèdent, les effets spéciaux également. Une grande recherche visuelle et sonore est atteinte de ce côté-là. Particulièrement éloigné de son univers habituel mais fidèle à son style inimitable, Miike a atteint là une maturité incontestable, un quasi chef-d’œuvre de cinéma qu’il fera bon voir et revoir à l’image d’un Pulp Fiction en son temps.

Mystere Vic, 12e PIFF, Octobre 2007

1 commentaire:

Cha-Lou a dit…

Je suis d'accord, ce film est vraiment unique. Je ne suis pourtant pas une grande fan de Takashi Miike.