De Shangjun CAI, avec Alian YAO, Yulai LV, Lu HUANG
Wan Ji Communications & Production Co., Chine
C’est un film sur la réconciliation entre un père et son fils, entre celui qui a quitté sa famille pour aller tenter sa chance à la ville et celui resté à la campagne s’occuper de sa mère, aujourd’hui décédée. The Red Awn commence de manière insolite par une scène où l’homme, Soonghai apprend de la bouche d’un policier qu’il est mort. Le revenant, puisqu’il en est bien un, doit alors à la fois reconquérir son identité, sa maison et son fils Yongtao de 17 ans. Bientôt ils partent en voyage avec une moissonneuse rouge de location, nouvel outil dans les campagnes chinoises qui nourrit la féroce compétition qui a lieu entre les fermiers.
Partant d’un fait divers qui aurait pu amener une tout autre suite, le réalisateur prend le parti de dresser un portrait brut mais authentique de la Chine d’aujourd’hui. Déjà auteur de Shower et Sunflower, Shangjun Cai sait raconter les histoires. Il s’essaie pour la première fois à la réalisation en mettant en image son propre scénario. Ce qui lui vaut sa présence en compétition dans la section New Currents de ce 12e festival de Pusan. A travers la relation tendue entre le père et son fils, c’est tout un processus social qu’il décrit ici. L’exode rural massif, l’attrait de l’argent et la facilité de le dilapider dans ces villes où existent les tentations insidieuses, la perte des valeurs et des traditions. Ce sont deux Chine qui apparaissent, presque deux pays. L’un mythique, raconté, presque surnaturel, l’autre concret, prosaïque et laborieux. Deux pays, deux générations et cette influence de l’un sur l’autre. Le père vacciné à la vie citadine qui en revient plein d’amertume et de désillusions, le fils ayant appris à vivre seul à la campagne et que les néons de la ville attirent. Deux rapports de force, deux relations qui s’opposent et qui viennent à s’inverser comme pour rétablir un juste retour des choses. The Red Awn est un premier film particulièrement réussi qui prête attention à la fois à la relation humaine qui doit se reconstruire entre un père et son fils et au contexte social qu’il dépeint.

Mystere Vic, 12e PIFF, Octobre 2007
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