jeudi 1 novembre 2007

Life Track


De Guang Hao JIN, avec Jing Hu CHUI, So Yeon JANG

Yambian Broadcast / Studio Nurimbo, Chine / Corée du Sud

Ce film sino-coréen part d’une histoire intéressante : Un homme ayant perdu les deux bras et qui vit seul, reclus dans la montagne, rencontre une jeune femme sourde-muette en fuite. Il va l’héberger et la cacher et une relation naît entre eux. Mais quelque chose, un souvenir, hante l’homme. La grande réussite de Life track c’est d’abord de nous montrer la vie de cette homme livré à lui-même. Comment survit-on lorsqu’on n’a plus de bras ? Eh bien, on s’adapte. Toute une partie du film est consacrée à de longs plans-séquences sur les pieds du héros qui fait preuve d’une dextérité (ou faudrait-il dans ce cas parler de pedextérité ?) incroyable. Jamais on ne sombre dans un voyeurisme obscène, dans le phénomène de foire. Au contraire, tournant beaucoup en caméra subjective, le réalisateur nous permet d’entrer dans la vie de cet homme en voyant le monde avec ses yeux. Puis lorsque la femme arrive, c’est alors avec les siens qu’on découvre le personnage.

Mais le film peine malheureusement à trouver son sujet puisqu’il ne s’agit pas de l’homme lui-même mais de la relation qui s’instaure entre les deux personnages et le passé de cet homme qui l’empêche de réaliser quoi que ce soit, de se réaliser. Dans la deuxième partie du film, la mise en scène est lourde et le film se charge de longueurs pénibles et injustifiées. Les plans s’allongent dans un silence absolu. Il aboutit à une issue dramatique qui ressemble à une fin bâclée, comme une chose dont on voudrait se débarrasser et dont on ne saurait quoi faire. Décevant ! Quand on sait que ce film a reçu le soutien de la commission du film Coréen et du Fonds du Cinéma asiatique du PIFF, on ne peut que s’interroger sur la volonté des autorités de promouvoir un cinéma insolite mais inabouti.

Mystere Vic, 12e PIFF, Octobre 2007

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