jeudi 1 novembre 2007

Hwang Jin Yi


De Chang Yoon-hyun avec Song Hye-kyo, Yoo Ji-tae

CINE2000 / CJ Entertainment Inc., Corée du Sud

Hwang Jin-Yi est une figure mémorable dans l’inconscient collectif coréen. Personnage insolite réinterprété abondamment à travers l’histoire comme le fut Chun Hyang. Ce film est l’adaptation d’une histoire par un écrivain Nord-coréen Hong Seok-joong. Il y ajoute un héros romantique, sorte de Robin des bois à la coréenne dont le destin croise celui de l’héroïne principale. Ainsi, en plus d’en faire un très beau portrait d’une noble aristocrate déchue devenue Gisaeng, l’histoire permet à Chang Yoon-hyun de brosser celui d’un couple légendaire.

Hwang Jin-Yi (Song Hye-kyo) très belle aristocrate élevée dans la pureté et les traditions apprend, à la veille de ses fiançailles, qu’elle n’est qu’une orpheline bâtarde, recueillie et élevée par celle qu’elle appelait jusqu’alors « mère ». Devant les choix qui s’offrent à elle, elle choisit de suivre les pas de sa véritable mère et de devenir Gisaeng, une dame de compagnie versée dans les arts semblable à la Geisha japonaise, une courtisane également dans le secret des grands hommes du pays et parfois à l’origine de missions diplomatiques. Nom-Yi (Yoo Ji-tae) est un orphelin que le père de Jin-yi a recueilli lorsqu’ils étaient tous deux enfants. Comme le font les enfants, ils s’étaient promis ingénument l’un à l’autre jusqu’à ce que Nom-Yi se fasse chasser de la maison. Quand il revient des années plus tard, Jin-yi est devenue très belle et grâcieuse et lui, un combattant aguerri, rompu à la rue et à ses turpitudes. Il se fait engager comme Intendant de la maison et doit faire face à la curiosité grandissante de Jin-yi pour le monde alentour.

La légende originale dépeint Hwang Jin-yi comme une courtisane qui sait se jouer et se moquer des grands hommes et certaines représentations du personnage comme la série TV coréenne mettent l’accent sur cet aspect de sa personnalité. Mais le personnage de Nom-Yi et la noblesse des sentiments qu’il fait naître chez Hwang Jin-yi en font l’héroïne romantique de ce film éponyme tandis que son partenaire à l’écran l’est tout autant. Ce film est donc avant tout le portrait d’un couple qui se cherche depuis l’enfance, se perd de vue puis se retrouve à l’âge adulte dans des circonstances dramatiques. Nom-Yi doit devenir le protecteur de la nouvelle Gisaeng, vulnérable dans ce monde impitoyable de plaisirs et de luxure. Par un enchaînement d’ellipses, le réalisateur ne s’attarde pas sur la maturation du personnage de Jin-yi. Pour ceux qui voudraient en voir plus, il est sans doute préférable d’aller s’abreuver aux interminables séries télévisées qui lui sont consacrées. Ici, l’accent est mis sur les moments clés de cette relation qui s’efface puis resurgit avec le temps. Suivre ainsi les destinées de Jin-Yi et Nom-Yi à travers les péripéties de l’histoire reste une des grandes réussites du film. La réalisation est impeccable à l’image de ces fresques historiques dont les Coréens sont devenus friands et le scénario ne manque pas de rebondissements. Avant tout, il fait la part belle aux épanchements et à un traitement relativement introspectif des deux personnages. S’il idéalise finalement l’image de ce couple éternel, c’est à l’avantage du film en lui donnant une dimension universelle à laquelle le public occidental sera peut-être plus sensible qu’à la véracité du récit.

Mystere Vic, 12e PIFF, Octobre 2007

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