jeudi 1 novembre 2007

God Man Dog


De Singing Chen avec Tarcy SU, Jack KAO, Han CHANG, Jonathan CHANG, Ula UGAN

The 3rd Vision Films / OCEAN DEEP FILMS, Taïwan

Si la religion est un opium du peuple, beaucoup de monde cherche à s’en désaccoutumer. Le grand-père peut en témoigner, lui qui recueille les statuettes et reliques abandonnées. D’autres y cherchent un refuge : Contre l’alcool comme Biung et sa femme A-Mei qui vivent séparés de leur fille future combattante professionnelle. Ou encore contre la dépression comme Ching, un modèle pour mains qui ne peut se remettre de la perte de son enfant. Les personnages qui nous sont présentés dans ce film chorale de Singing Chen se croisent sans se rencontrer et pourtant leurs destinées s’entrelacent, se répondent, reliées par une quête commune, celle d’un futur meilleur. Par certains aspects le film se distingue, originalité des personnages du grand-père : Mutilé à une jambe, il prend soin des fétiches abandonnés et des êtres en perdition. Comme ce jeune garçon insatiable qui mange des bols de nouilles comme dix et est maigre comme un clou. La musique traditionnelle agrémentée de Theremin, cet instrument électro-acoustique russe accompagne cette galerie de personnages, bouddhistes, chrétiens ou athées sur les routes du destin.

Mais God Man Dog se perd dans un propos touffu et digressif. A vouloir parler de la condition humaine qui est bien aussi valable que celle des Dieux ou des Chiens, la réalisatrice voudrait faire de ses personnages, le lien entre ceux-ci et ceux-là. A trop en faire, les chiens et les divinités deviennent des figures récurrentes presque omniprésentes du film délaissant les hommes ou les reléguant à l’arrière-plan. A vouloir explorer les thèmes de l’indigénéité face au peuplement d’immigration, de l’occidentalisation et de la perte de repères de la société taïwanaise, Singing Chen n’en traite finalement aucun complètement. C’est le regret qu’on peut émettre sur God Man Dog et ce qui en fait une malheureuse tentative avortée. Comme si, à l’image de son héroïne, elle avait accouché d’un film sans pouvoir l’accompagner ensuite.

Mystere Vic, 12e PIFF, Octobre 2007

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