jeudi 1 novembre 2007

Desert Dream








De Zhang Lu avec Bat-Ulzii, Seo Jung, Shin Dong Ho

G21m / Arizona Films, Corée du Sud/France

A la frontière entre Mongolie et Corée, dans une région aride où la steppe est menacée par la désertification galopante, un homme, Hangai, vit là avec sa petite famille jusqu’au jour où sa fille, malade, doit aller se faire soigner à Ulambator. Hangai choisit de rester là, seul. Dans un pays où les distances se comptent en jours de cheval, il n’a pas l’occasion de rencontrer beaucoup de monde jusqu’à ce que des voyageurs passent et s’arrêtent dans sa yourte. Soon-hee et son fils Chang-ho sont des réfugiés nord-coréens. Ils ont marché depuis des jours après avoir fui la dictature qui a quand même eu raison du père de Chang-ho, abattu lors de la traversée de la rivière. Depuis, Soon-hee est muette et cède à son fils qui demande à rester avec Hongai plutôt que d’errer sans but, dans une fuite permanente.

Desert dream est un film minimaliste sur tous les plans : celui de la mise en scène avec de longs plans-séquences et des cadres fixes où l’absence de dialogues est compensée par une gestuelle presque théâtrale. Au niveau du scénario, l’action se résume finalement à peu de choses. La petite famille reconstituée tente de stopper la marche inexorable du désert en plantant des arbres. Soon-hee adhère à cette cause et la fait sienne. Elle s’y donne entièrement jusqu’à prendre la relève lorsque Hangai doit partir pour la capitale. Enfin, sur le plan sonore, pas de musique ou presque. Que le son du vent et des chèvres. Parfois l’arrivée d’une voyageuse mongole met un peu de piment dans la vie de cet homme livré à lui-même et à la nature. Mais alors qu’il doit rejoindre sa fille qui va plus mal à Ulambator, il laisse la yourte à ses visiteurs sédentarisés. Ces derniers ne vont pourtant pas tarder à repartir. Leur véritable destination est la Corée du Sud, après tout.

Ce film est finalement une allégorie sur l’aridité d’une vie dans cette région du monde. Desert dream est d’abord le partage d’un rêve, celui d’une vie libre à l’écart du monde et face à la nature mais une vie austère et rude qui ne laisse pas d’alternative autre que le départ. Celui de stopper l’avancée d’un désert qui gagne le cœur des hommes et assèche les consciences mais constitue une frontière entre deux mondes invisibles qui s’apprivoisent peu à peu.

Mystere Vic, 12e PIFF, Octobre 2007

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